Faciliter un grand groupe
#Facilitation #Grand groupe
Gérer un grand groupe en facilitation peut être un défi, mais avec quelques bonnes techniques, c'est tout à fait faisable.
Voici quelques stratégies que j'ai trouvées efficaces au fil des ans :
1. Diviser pour mieux régner
« Diviser pour mieux régner », ou comment éviter le chaos total.
Dans un grand groupe, si chacun parle ne serait-ce que 30 secondes, votre session devient interminable.
Divisez le groupe en sous-groupes de 5 à 7 personnes pour favoriser des discussions constructives et équilibrées.
Le nombre de personnes dans un groupe est importante en fonction de ce que vous voulez faire. J'ai écrit sur ce sujet ici : Combien de personnes pour penser ensemble ?
Conseil pratique:
- Utilisez des salles séparées pour éviter le brouhaha.
2. Soigner l'énoncée les consignes dans un grand groupe
Il y a une leçon que j’ai apprise, parfois à mes dépens : dans un grand groupe, la qualité des consignes fait 80 % de la réussite d’une séquence. Pas l’activité. Pas le support. Pas l’outil. Les consignes.
Plus le groupe est grand, plus l’approximation devient votre ennemie. Une consigne floue, improvisée ou trop dense, et vous perdez instantanément une partie du groupe. Et quand 10 personnes décrochent dans un groupe de 80, ce n’est plus un détail : c’est une dynamique qui se fragilise.
Être précis, vraiment précis
Dans un grand groupe, chaque mot compte. Les consignes doivent être simples, explicites, sans sous-entendus. Ce qui vous semble évident ne l’est pas forcément pour les participants, surtout quand ils sont nombreux, dispersés et déjà sollicités cognitivement.
Un bon test : si votre consigne nécessite plusieurs reformulations spontanées, c’est qu’elle était trop complexe.
Pas d’impro sur les consignes
Les consignes doivent être préparées à l’avance. Parfois je les ecris à l'avance sur des fiches bristol
Ne pas tout dire d’un coup
Une erreur fréquente consiste à vouloir expliquer toute la séquence en une seule fois : le contexte, les étapes, le livrable, le timing, le partage… Résultat : surcharge cognitive immédiate.
Une règle simple : d’abord l’objectif, ensuite les consignes, une par une.
Quel est l’objectif de la séquence ?
Qu’est-ce que vous allez produire ?
Quelle est la première action à faire, maintenant ?
Le reste viendra après. Toujours après.
Gérer le fameux “départ trop tôt”
Dans les grands groupes, il y a toujours des participants qui se lèvent, bougent ou commencent l’activité avant la fin des consignes. Ce n’est ni de l’irrespect, ni de l’impatience. C’est un réflexe.
Anticipez-le explicitement. Dites-le clairement, dès le début :
« Je vais donner toutes les consignes. Quand je dirai “c’est parti”, là seulement vous pourrez vous mettre en action. »
3. Obtenir le silence pour donner une consigne
Faire silence dans un grand groupe est souvent plus difficile que de lancer l’activité elle-même.
Élever la voix, taper dans les mains ou sortir un sifflet ça fonctionne… mais au prix d’une ambiance franchement discutable.
Une alternative simple et élégante consiste à poser une consigne en amont :
« Quand je lève le bras, ou quand vous voyez quelqu’un lever le bras, vous faites la même chose et vous faîtes un silence. »
Par effet domino, les bras se lèvent, les conversations s’éteignent et le silence s’installe en quelques secondes. C’est étonnamment efficace, presque magique. Et surtout, cela évite de transformer le facilitateur en chef de gare muni d’un mégaphone !
4. Faites appel à des co-facilitateurs
Vous n'êtes ni Shiva ni Superman : vous ne pouvez pas tout faire seul.
Pour des ateliers de plus de 120 personnes, j'ai formé des co-facilitateurs qui ont pu superviser les sous-groupes.
Résultat : une gestion plus fluide et une réduction notable pour mon stress personnel !
Conseils pratiques :
-
Préparez avec vos co-facilitateurs une véritable feuille de route, avec une timeline claire, les moments clés de la session et les rôles de chacun.
-
Évaluez le niveau de maturité de vos co-facilitateurs en facilitation. Si certains sont moins expérimentés, confiez-leur des rôles simples et très cadrés.
-
Intégrez le temps de formation et d’alignement dans votre préparation. Comptez généralement deux à trois temps de travail : un premier pour expliquer le déroulé et les intentions, un second pour ajuster les aspects très concrets, et parfois un dernier point de synchronisation juste avant la session (la veille, par exemple).
Bien préparée, la co-facilitation devient un multiplicateur d’impact. Mal préparée, elle peut au contraire ajouter de la confusion. Comme souvent en grand groupe, le succès se joue avant l’atelier.
5. Créer des moments de convergence collective sans ennuyer le groupe
Dans un grand groupe, les participants peuvent beaucoup produire… sans jamais avoir réellement l’impression de travailler ensemble.
Le problème, c’est que ces temps de convergence deviennent très vite longs, répétitifs et franchement ennuyeux.
Même en timeboxant chaque restitution à deux minutes, faites le calcul : 10 groupes, c’est déjà 20 minutes de présentations.
Et dans la réalité, ce sera souvent plus long. Résultat : une partie du groupe décroche, l’énergie retombe et l’essentiel se dilue.
Plutôt que d’enchaîner les restitutions orales, vous pouvez chercher des formats de convergence plus efficaces et plus dynamiques :
Une première option consiste à utiliser des formats de type 25/10 Crowd Sourcing ou 1-2-4-Tous. Ces approches permettent de faire émerger des idées fortes, de les prioriser et de converger rapidement, sans passer par une succession de prises de parole longues et redondantes.
Autre alternative très efficace : le vernissage. Chaque groupe produit son livrable, l’affiche, puis les participants circulent librement pendant une pause ou un temps dédié. Cela permet à chacun de découvrir le travail des autres groupes à son rythme, de poser des questions, de faire des liens… sans imposer une écoute passive et linéaire à tout le monde
Puis-je vous aider ?
Gilles BRIEUX
Facilitation • formation • coaching agile
Vous cherchez à donner une nouvelle dimension à la collaboration dans votre équipe ?
En tant que facilitateur expérimenté, j’aide les équipes à débloquer le potentiel de vos équipes, fluidifier la collaboration
et débloquer des décisions).
Laisser un commentaire
Votre adresse de messagerie est nécessaire pour pouvoir vous répondre uniquement.
Derniers articles
Les pratiques
Briser la glace
Brisons la glace pour mieux se connaître avant de démarrer un atelier collaboratif.
Générer des idées
Des pratiques collaboratives de remue-méninge pour trouver de nouvelles idées innovantes.
Partager la vision
Partagez une vision d’un projet ou d’une organisation pour avancer vers un objectif commun.
Résoudre des pbs
Des pratiques pour résoudre des problèmes collectivement et efficacement.
Prioriser / Décider
Hiérarchisez vos idées et priorisez les actions à mettre en œuvre.
S'améliorer
Adoptez une démarche d’amélioration continue dans une équipe.
Brisons la glace pour mieux se connaître avant de démarrer un atelier collaboratif.
Des pratiques collaboratives de remue-méninge pour trouver de nouvelles idées innovantes.
Partagez une vision d’un projet ou d’une organisation pour avancer vers un objectif commun.
Des pratiques pour résoudre des problèmes collectivement et efficacement.
Hiérarchisez vos idées et priorisez les actions à mettre en œuvre.
Adoptez une démarche d’amélioration continue dans une équipe.